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« Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins »

 

Les 577 députés élus aux législatives de 2012 l’ont été avec 30% des voix des inscrits… Les dernières élections l’ont montré, avec un taux d’abstention record de 25% au second tour de la présidentielle, la France connait un véritable clivage entre son peuple et ses représentants légaux. Et, plus l’abstention grandit ; plus la représentativité s’effrite. 

Les formes de prise de décision et de contestations politiques traditionnelles semblent bien être en train de s’essouffler. Logique ? La démocratie n’est pas un état des choses, c’est une dynamique, un mouvement toujours en action qui se doit d’évoluer continuellement. 

La société se transforme et comme dans un business, celui qui n’innove pas, se meurt. Heureusement il est toujours possible de compter sur la formidable force citoyenne, sur son ingéniosité et son souffle de renouveau. Les collectifs se forment et s’organisent pour petit à petit remettre au peuple les clés de sa propre gouvernance. 

Les entreprises les plus puissantes de la planète l’ont bien compris, l’avenir réside dans la connexion et l’exploitation de l’intelligence collective. En politique également, ce principe s’applique et il n’est pas utopiste de penser qu’à terme, chacun puisse réellement participer à l’organisation de la vie de la citée.

Organisations civiles, collectifs, plateformes ou encore acteurs du changement, voici un tour d’horizon des initiatives qui permettent au « pouvoir » citoyen de devenir le nouveau « contre-pouvoir ». 

 

La prise de pouvoir citoyen

Photo by davide ragusa on Unsplash

La prise de pouvoir citoyenne passe d’abord par l’accès à l’information. Le site NosDéputés.fr mit en place par le collectif Regard Citoyen se veut être un observatoire citoyen de l’activité parlementaire. Il met en avant par exemple le taux de participation des députés, leurs votes etc.

Lorsque le lien est brisé il est primordial de lever le voile de l’opacité pour redonner confiance aux citoyens. Mais l’information est encore trop souvent cachée et, sans rentrer dans la perversité médiatique, une transparence accrue sur la participation de nos élus serait un grand pas vers la moralisation de la vie politique. 

Prendre part à la vie politique en devenant acteur des prises de décisions. 

Par définition les élus ne font que représenter un électorat beaucoup plus large, leurs travaux sont donc limités. Le numérique joue alors son rôle en faisant émerger des applications comme Stig, défenseur de la démocratie participative, qui permet à chaque citoyen de proposer, voter et discuter directement des amendements qui seront ensuite présentés aux élus. Le slogan de cette plateforme en dit long : « Voter ne change que les joueurs, changez le jeu. ». 

Si les entreprises peuvent faire pression sur les gouvernements avec le lobbying, le citoyen devrait en être capable également. L’ex-patron de Deezer a ainsi monté le site make.org qui se veut être le premier lobbying citoyen. Son rôle est clair : catalyser les idées et mette en place des actions concrètes, c’est l’organisation de la résistance citoyenne.

Le site en open source DemocracyOS vise quant à lui à faciliter la contribution citoyenne aux décisions politiques en rassemblant chaque acteur de la civic-tech pour instaurer le dialogue et permettre l’avènement de l’Eureka ! 

La prise de pouvoir citoyen

Photo by William Bout on Unsplash

Changer le jeu donc en devenant force de proposition et d’approbation. Les sondages et pétitions, très à la mode, ont un impact considérable sur la société. Pour n’en citer qu’une, la plateforme  change.org organise des pétitions par lesquels les signataires adressent directement un message aux responsables. Une signature devient vite une victoire et en quelques années la plateforme a ouvert plus de 22 500 dialogues dans 196 pays pour 200 millions de votes ! Certains reprochent tout de même à ce type de plateforme de valoriser l’inaction par le « clic », donnant même naissance à un nouveau concept : le clicktivism . En effet poser un « like » sur une proposition peut sembler bien dérisoire mais force est de constater que cela permet la propagation d’idée, son approbation et, in fine, la mise en place de solutions, elles, bien réelles.

 

« A chaque fois que vous dépensez votre argent, vous votez pour le type de monde que vous voulez »

 

La prise de pouvoir citoyen

Photo by Vitaly on Unsplash

Cette citation d’Anna Lappe est érigée en maxime sur le site dI-Boycott. Il ne faut pas s’y tromper, si les grandes entreprises prennent le tournant d’une attitude plus éthique et plus responsable ce n’est pas par pure philanthropie, le principal facteur demeurant l’image de marque et l’épaisseur du portefeuille. Cela, la très jeune plateforme I-Boycott l’a bien compris et en 2 ans d’activité c’est prêt de 78000 « consom’acteurs » qui se sont rassemblés pour faire pencher la balance d’une consommation plus responsable. A chacun de lancer sa propre campagne de « buycott », de la faire évaluer, voter, puis ensuite de la voir se réaliser. La Collaboration citoyenne au sein de ces plateforme est essentielle et son immense pouvoir issu de l’intelligence collective n’en est qu’à ses prémices. Les lignent bougent vite lorsque la réputation d’une marque est directement visée. 

Pour certains citoyens il faut désormais passer outre le gouvernement, perçu comme obsolète, et commencer à construire sans lui. Loin des grands discours moralisateurs, le collectif citoyen Bleu Blanc Zèbre prend le pari de rassembler les opérateurs de la société civile et des collectivités dans un Do-Tank en oppositions aux think-tank. Son objectif est de bâtir une société dans laquelle le « faire » prédomine sur le « dire ». Les élus nationaux sont loin des réalités du terrain, pour prendre les bonnes décisions il faut impliquer les bonnes personnes, celles qui justement, sont sur le terrain (élus locaux confrontés aux réalités des citoyens, société civile etc.). 

Par cette démarche, le mouvement inverse le rapport de force car l’action part d’abord de l’expertise citoyenne pour rassembler ensuite société civile et élus locaux. 

L’organisation du pouvoir citoyen passe aussi par l’émergence de nouvelles formes de société, aussi complexe et différentes soient-elles. Michel Bauwens, l’un des pères du  « peer-to-peer » (« pair à pair »), fondateur de la P2P fondation, prône une société des communs qui s’organise grâce à la production entre pairs de projets ouverts à tous. L’exemple qui s’en rapproche le plus est wikipedia.  Le modèle du P2P redonne aux gens la capacité de « créer, en tant qu’égaux, de la valeur sans être obligé de demander une autorisation ».  Ce système est une éclaircie de démocratie au niveau de la production. L’homme est alors capable de se fédérer à toutes les échelles par un immense réseau issu du web, qui se substitue de fait en partie à l’état. Pour une plus vaste étude de cette nouvelle logique sociale, je vous invite à consulter le livre : « sauver le monde: Vers Une Économie Post-Capitaliste Avec Le Peer-To-Peer » 

Toutes ces alternatives, simple échantillon d’un bien plus vaste mouvement, permettent de redonner du sens à la vie publique en replaçant le citoyen au cœur du processus démocratique. Il n’y à pas qu’une seule vérité et c’est à chacun de participer à la prise de conscience globale pour trouver les outils propices à l’évolution du « pouvoir » citoyen.

Les innombrables opportunités qu’offrent le rassemblement numérique et l’utilisation de l’intelligence collective sonneraient-elles le glas de la fin d’une gouvernance oligarchique  ?

 

Photo de couverture Sindre Aalberg on Unsplash
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