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« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

 

 

Il suffit de cette phrase pour que la plupart d’entre nous se remémorent les longues heures vissées sur un banc de la classe de physique-chimie. L’énergie déployée par le professeur n’aura pas été vaine si elle a pu seulement titiller notre inconscient avec la maxime d’un illustre Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». En ceci résident les prémices de l’économie circulaire.

Dans la nature il n’y a pas de laissé-pour-compte, tout a sa place, sa propre utilité. De tout temps nous nous en somme inspirés pour inventer, manipuler, créer. Pourtant et aussi étonnant soit-il, il semblerait que nous ayons omis de la copier dans le plus essentiel des pans de notre société : notre économie.
Quelle drôle d’idée de suivre une logique de production linéaire « extraire, fabriquer, jeter ». Le non-sens de la situation serait presque comique si il n’était pas aussi lourd de conséquence. Car si cette mouvance économique a certainement accéléré le « progrès », elle n’a en aucun cas assuré sa pérennité.
Heureusement une fois encore la nature est là, et nous tirons de ses enseignements le schéma de l’économie circulaire : produire un bien de façon durable, le réutiliser et le recycler.

Il faut promouvoir l’utilisation des déchets et s’opposer aux matières premières dites « vierges ». Bien qu’évident, le concept ne fait son entrée dans la législation qu’en 2015, il n’en est donc qu’à ses débuts.
L’institut de l’économie circulaire l’exprime de la façon suivante : « Ce modèle repose sur la création de boucles de valeur positives à chaque utilisation ou réutilisation de la matière ou du produit avant destruction finale. ». Concrètement ? L’inverse de l’économie linéaire : valoriser le déchet pour le voir comme une ressource et non un fardeau.

 

Dans l’économie circulaire, la règle d’or c’est les 3 R : réduire, réutiliser, recycler

 

Réduire. Evidemment tout commence par ici, baisser sa consommation de biens pour réduire sa production de déchets. Les entreprises ont tout intérêt à mieux penser leurs systèmes de production pour éviter le gaspillage, d’autant que de nombreuses taxes incitatives sont désormais en vigueur. Les initiatives ne cessent d’éclore sur le sujet, et nous pouvons citer à titre d’exemple Phenix orienté vers les professionnels, Lemon Tri pour le grand public ou encore FreshMeUp contre le gâchis alimentaire. Pensons à réveiller le potentiel de nos déchet !

 

L'économie circulaire, création de valeur durable

Paul Fairchild et Michael Tompert – http://bit.ly/2wnGpQh

Réutilisation et réemploi. L’art de transformer un objet pour lui trouver une nouvelle utilité, ou simplement de le réemployer : un nouveau propriétaire pour une nouvelle vie. Bien avant que le concept d’économie circulaire ne voit le jour, le bien connu Emmaus avait par exemple déjà parfaitement pris conscience de la richesse des produits délaissés.

Mais pour ré-utiliser il faut aussi que l’objet soit pensé dans une logique de pérennité, arrêtons là avec cette politique nauséabonde d’obsolescence programmée. Greenpeace vient par ailleurs de dévoiler une étude sur les appareils électroniques les moins réparables (Portables, ordinateurs etc.).
Tristement et sans surprise, ce sont toujours et encore Appel, Samsung et Microsoft qui répondent le moins à une logique de produits durables. Et à Greenpeace de conclure : « Après tout, ces entreprises emploient les cerveaux les plus brillants du monde. Serait-ce trop leur demander de prendre en compte la fragilité et les ressources limitées de notre planète ? »

La lutte contre l’obsolescence programmée passe aussi et surtout par l’action de (pouvoir) réparer chaque objet.

 

Recycler. Le but est de créer un gisement de déchets suffisant (matière première recyclée), utilisable par toutes les entreprises et avec de prix plus attractifs que la matière première vierge. l’économie circulaire voit grand et pour que les déchets deviennent une ressource il faut appeler à la fédération afin de baisser les coûts de récupération du matériel et de rendre rentable ce gisement de matière première recyclée. Il faut rassembler les déchets pour permettre une économie d’échelle sur leurs traitements, rendant l’achat de produit recyclé plus rentable que la matière première vierge.
La encore de nombreuses initiatives voient le jour et certaines comme Tricycle allient même recycler avec insertion sociale, de quoi nous gonfler d’optimisme !

Mais recycler ou ré-utiliser ne font finalement que repousser l’échéance, c’est un modèle de réduction d’impact. Ce qu’il faut c’est traiter le problème dans sa globalité, créer un modèle de création de valeur durable dans lequel l’ensemble de la chaine de production est pensé selon ces 3 R. Cela porte même un nom : l’éco-conception.

 

Pour les curieux, la fondation Ellen Mac Arthur, pionnière dans l’économie circulaire, regroupe un grand nombre d’initiatives qui font bouger les lignes. Nombreuses sont les entreprises et les acteurs politiques qui rejoignent chaque jour la démarche. Car si l’économie circulaire est une nécessité green, elle dispose surtout d’un fort potentiel de création de valeur, pérenne cette fois-ci.

La boucle est bouclée.

 

En savoir plus : 

http://www.institut-economie-circulaire.fr/Qu-est-ce-que-l-economie-circulaire_a361.html
https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cge/Actualites/6_Analyse_comparative_politiques_publiques_economie_circulaire_Japon_Chine_Pays-Bas.pdf
Photo vitrine by Nadine Shaabana on Unsplash
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